Justine Okolodkoff – Responsable de Contenus & Sensibilisation chez Règles Élémentaires

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18 décembre 2023

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Lors de cette nouvelle Positive Interview, nous avons eu le plaisir de recevoir Justine Okolodkoff pour parler de la sensibilisation effectuée par l’association Règles Élémentaires autour de la précarité menstruelle et des douleurs de règles.

Quelle est la genèse de Règles Élémentaires ?

Alors Règles Élémentaires a été créée en 2015. A l’origine c’était une association étudiante, qui a été
créée par une étudiante de Sciences Po, parce qu’elle avait fait des études en Angleterre et en
Angleterre, il y avait déjà pas mal de choses autour de la précarité menstruelle et des associations qui
se consacraient à ce sujet-là. En rentrant en France elle s’est rendue compte qu’il n’y avait
absolument rien, qu’il n’y avait aucune association qui abordait la question de la précarité
menstruelle alors que ça concernait 2 millions de personnes chaque mois. Donc, avec un groupe de
personne, elle a décidé de créer cette association pour, d’abord permettre à tout le monde
d’organiser des collectes, et ensuite pour permettre de redistribuer ces produits à toutes les
personnes qui en avaient besoin. Au fur et à mesure des années, l’association a évolué, et depuis
deux ans, elle s’oriente de plus en plus vers la sensibilisation, en fait, chez Règles Élémentaires on
s’est rendu compte que c’était très important de pouvoir donner accès aux produits, mais c’était
aussi très important de parler des règles et de libérer la parole sur un sujet qui est encore trop
souvent tabou.

Les règles, encore tabou ?

En fait, comme tous les tabous, les règles c’est un tabou bien incrusté, c’est-à-dire que même si nos
représentations évoluent, même si on voit qu’on prend de plus en plus la parole sur le sujet, par
exemple, il y a deux présidents de la République qui ont parlé de règle et de précarité menstruelle
ces dernières années, c’est-à-dire Emmanuel Macron et François Hollande, alors qu’avant ce n’était
jamais arrivé. Il y a donc une visibilité du sujet, pour autant, nos représentations elles sont encore
bien là et on voit, par exemple que ça arrive toujours qu’il y ait quelqu’un qui, un peu sur le ton de la
blague, dise des phrases du style « T’as tes règles ou quoi ? », ou encore que le sujet soit pas assez abordé à l’école et qu’en fait, il y ait des jeunes filles qui se retrouvent à ne pas aller à l’école parce
qu’elles n’osent pas dire « en fait, je ne peux pas m’acheter de protections » ou bien juste dire à leurs
parents « en fait, j’ai mes règles », donc les parents n’achètent pas de protections. Il y a vraiment un
tabou autour de la prise de parole, encore aujourd’hui.

Pourquoi sensibiliser en entreprise sur les règles douloureuses ?

Alors, chez Règles Élémentaires, si on sensibilise en entreprise, c’est parce qu’on pense que lorsqu’il
y a un tabou, il faut aussi attaquer de tous les côtés, c’est-à-dire que le tabou il ne va pas épargner
une partie de la société. On fait de la sensibilisation chez les jeunes, on essaye de sensibiliser aussi les
parents, on essaye de sensibiliser le grand public, les personnels sociaux, médicaux, en fait, en
entreprises les tabous se reproduisent aussi et donc il y a énormément de personnes qui n’osent pas
non plus de parler de leurs douleurs de règles, parler de leurs règles en entreprise, dans certaines
entreprises il y a des personnes en situation de précarité menstruelle, ça aussi c’est quelque chose
qui doit être adressé, pour qu’il y ait des politiques mises en place, c’est pour ça qu’on vient aussi
parler des règles en entreprise et pour permettre plus d’égalité femmes/hommes au travail.

Un positive word pour conclure ?

Le positive word c’est plusieurs mots du coup, c’est « changer les règles », c’est une de nos phrases
clés chez Règles Élémentaires, parce que vraiment il faut changer les règles à tous les niveaux. Il faut
pouvoir changer notre représentation, notre façon d’appréhender les règles, et c’est uniquement
comme ça qu’on parviendra à mettre KO les tabous et faire en sorte qu’il n’y ait plus de précarité
menstruelle.

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